Guide de l'éco-business

éco-business

L'éco-business, ou green business, désigne un modèle d'entreprise qui associe rentabilité économique et responsabilité environnementale, en développant des produits, des services ou des pratiques à la fois bénéfiques pour l'environnement et économiquement viables.

L'efficience énergétique

C'est le premier gisement, et le plus rentable : l'énergie la moins chère est celle qu'on ne consomme pas.

Elle passe par une gestion intégrée et intelligente de l'énergie dans les bâtiments et les transports, par l'optimisation des flux de données permettant aux acteurs du secteur de décider et d'agir en temps réel, et par l'émergence d'un réseau décentralisé au service d'usagers devenus producteurs.

Le contrat de performance énergétique en est l'expression la plus aboutie : le prestataire s'engage sur un niveau de consommation et sa rémunération dépend de l'atteinte de cet objectif.

Les technologies de l'information

Les outils numériques instrumentent les équipements, suivent les consommations et les productions à distance et en temps réel, et assurent la gestion des flux d'information et l'aide à la décision.

Le revers mérite d'être posé : le numérique représente lui-même une part croissante de la consommation électrique mondiale, et la fabrication des terminaux en constitue l'essentiel. Un projet d'éco-business fondé sur le numérique doit compter ses propres émissions, sous peine de déplacer le problème.

Les grands secteurs

Les énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse, géothermie) dont les coûts ont baissé au point d'être devenus compétitifs sans soutien dans de nombreux cas.

La rénovation énergétique des bâtiments, premier gisement d'économies et premier employeur potentiel du secteur en France.

La mobilité bas-carbone : véhicules électriques, infrastructures de recharge, report modal, logistique urbaine.

L'économie circulaire : réemploi, réparation, recyclage, valorisation matière. C'est le domaine où les modèles économiques sont les plus neufs et où la réglementation évolue le plus vite.

Et l'agriculture et l'alimentation durables, secteur le plus difficile parce que les marges y sont faibles et les changements de pratiques longs.

Le cadre réglementaire

Il est devenu, plus que la demande, le principal moteur du secteur.

La taxonomie européenne définit ce qui peut être qualifié d'activité durable et oriente les flux financiers. La directive sur le reporting de durabilité étend l'obligation de publier des informations extra-financières à un grand nombre d'entreprises, avec vérification par un tiers.

Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières applique aux importations un prix du carbone équivalent à celui supporté par les producteurs européens sur plusieurs matériaux de base.

Pour une entreprise, l'enjeu n'est plus seulement de convaincre ses clients : c'est de rester finançable et référençable.

Le modèle économique

Quatre configurations rentables se rencontrent, et il est utile de savoir laquelle on suit.

La réduction de coût : l'offre écologique coûte moins cher à l'usage, c'est le cas de l'efficacité énergétique et du réemploi.

L'accès au marché : l'offre est la condition pour répondre à un appel d'offres ou pour rester référencé chez un donneur d'ordre.

La différenciation : l'offre justifie un prix supérieur auprès d'un segment de clientèle, modèle réel mais étroit, et le plus souvent surestimé.

Et la vente de service plutôt que de produit, la fonctionnalité, qui aligne l'intérêt du producteur sur la durabilité de son bien puisqu'il en reste propriétaire.

Un avertissement

Le secteur attire des projets fragiles, et le taux d'échec y est élevé pour une raison simple : beaucoup reposent sur une hypothèse de consentement à payer qui ne se vérifie pas.

Les projets qui tiennent sont ceux dont l'avantage environnemental s'accompagne d'un avantage économique immédiat pour le client, ou d'une contrainte réglementaire qui rend l'offre nécessaire.

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